Histoire d’eau (4) / 20e-21e / Le défi de la pollution et son traitement

Distribuer sur tout le territoire une eau propre et sans danger a été le défi du 19e siècle avec son achèvement vers la fin du 20e siècle. Bien que l’eau du robinet soit le produit alimentaire le plus contrôlé (Avec chaque année, pour la France, 18,5 millions d’analyses réalisées par les autorités sanitaires et 9,3 millions par les entreprises de l’eau), l’augmentation de la population et de sa consommation à partir du milieu du 20e siècle a entrainé une modification profonde des pratiques agricoles et une croissance exponentielle de la production industrielle. Cet essor, trop rapide a entrainé de très graves conséquences avec la pollution des rivières et des nappes phréatiques.

Avant de vous parler des systèmes de gestion et d’épuration des eaux par les pouvoirs publics il est nécessaire de bien prendre conscience de tout ce que nous rejetons depuis plusieurs décennies.

Après l’utilisation de l’eau par les ménages, l’agriculture et l’industrie, l’eau charrie des saletés qui peuvent être visibles à l’oeil nu ou non. Ces saletés rendent l’eau nocive pour l’environnement et impropre à sa réutilisation d’où la nécessité de développer l’ingénierie du traitement des eaux et boues.

Il faut savoir que toute cette ingénierie coûte cher et ne peut pas traiter la totalité de notre pollution. Il est donc nécessaire de réduire la pollution de notre eau avant le rejet dans les égouts.

Diminuer la quantité de polluants, réduire les doses de détergents qui ne respectent pas l’environnement (phosphates, décolorants), ne pas jeter les déchets dans l’eau (plastiques, bouts de papier, batteries, …), éviter les engrais chimiques et sélectionner certaines consommations…

Certaines bières contiennent des pesticides. C’est ce que révèle une étude comparative de 60 millions de consommateurs. Un phénomène qui s’explique par le fait que les bières sont fabriquées à partir de matières premières végétales, le malt, en général de l’orge, et le houblon. Ces cultures céréalières conventionnelles usent largement de produits phytosanitaires et parmi ces quatre molécules les plus souvent trouvées, l’une d’elles, le glyphosate, l’herbicide le plus vendu au monde, est une très mauvaise surprise. Cette substance active et cancérigène commercialisée par Monsanto sous le nom de marque Roundup, autorisée en Europe est très largement utilisée en France à la fois par les professionnels mais aussi par les jardiniers amateurs. Même si les doses ingérées à titre individuel n’ont pas de conséquences sur la santé des personnes (mais l’alcool sans modération oui), il faut savoir que ces produits phyto-sanitaires se retrouvent dans les urines et donc dans nos égoûts à des doses…collectives!

Les différentes causes de pollution

La pollution chimique

Elle est due aux nitrates, phosphates (qui développent les algues), chlorures et pesticides, les herbicides, les insecticides, les fongicides, les médicaments et compléments alimentaires administrés aux animaux d’élevage, les produits de nettoyage et de peinture, les résidus médicamenteux, les hormones, les métaux (l’aluminium, le cadmium, le mercure, le plomb issu de canalisations en contenant), les hydrocarbures, les acides. C’est la que l’on voit l’impact et l’importance de l’arrivée des déchetteries à partir des années 80-90.

Les métaux les plus dangereux sont ceux employés dans les industries nucléaires car ils peuvent être radioactifs.

La pollution organique 

Elle est est causée par nos excréments (bactéries, virus, parasites), les ordures ménagères, les déjections animales, les déchets végétaux ou animaux. On peut retrouver comme bactéries dans l’eau du robinet : E. coli, Salmonella et Campylobacter, issues des déchets humains ou animaux qui sont contaminés, à la suite de fortes pluies. Des systèmes de toilettes sèches intégrés aux habitats pourraient éviter cette pollution de l’eau et permettre de produire de l’énergie et du compost réutilisable (après deux ou trois années de dépot).

La pollution bactériologique concerne notamment les eaux usées car elles contiennent des bactéries nocives. Les égouts d’une ville composée de 100 000 habitants récoltent 18 tonnes de matières organiques au quotidien.

La pollution physique

Les industries et notamment l’industrie nucléaire causent le réchauffement des cours d’eau. Les stations d’épuration et l’absence de réseaux d’assainissement sont souvent visées pour ces pollutions chimiques.

EDF Schéma Centrale Nucléaire Réacteur REP 900 MW Nuclear Power Plant Reactor PWR 900 MW

> Milieu 20e / Vers un traitement des eaux usées

C’est seulement dans les années 1960 que le programme d’installation des stations d’épuration va prendre son essor sur tout le territoire.

Pour une bonne gestion de l’eau, la loi sur l’eau du 16 décembre 1964, divisant le territoire continental en bassins hydrographiques (comités de bassin /agences de l’eau), accélère l’action en faveur de la préservation des ressources. Quant aux lois du 3 janvier 1992 et du 30 décembre 2006, les directives européennes (directive cadre du 23 octobre 2000) martèleront cette obligation de préserver les ressources en eau.

Les eaux usées ménagères, industrielles et agricoles sont acheminées jusqu’à la station d’épuration, qui se situe le plus souvent à l’extrémité d’un réseau de collecte. L’eau est alors en partie traitée avant d’être rejetée dans le milieu naturel.

Une station d’épuration des eaux usées, plus communément appelé STEP, est un centre de traitement de l’eau. Ce centre de traitement a deux missions bien distinctes. La première, recycler les eaux usées en éliminant les polluants avant leur rejet dans la nature. La deuxième, rendre les eaux naturelles propres et sans danger pour la consommation humaine.

Selon le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, en 2008, la France comptait 18 830 stations d’épuration qui représentaient une charge globale de 75 millions d’Equivalents-habitants (Eh) pour une capacité épuratoire de l’ensemble des stations d’épuration de 94 millions d’Eh.

Après les problématiques de l’eau potable, des stations d’épuration et de la réduction de nos polluants, s’ajoute celle cruciale de la gestion de la rareté de l’eau douce qui s’amplifie avec une population croissante et le réchauffement climatique. Nous allons donc devoir apprendre à moins gaspiller, traquer les fuites dans des canalisations publiques vieillissantes, mieux gérer l’irrigation, revoir nos modes de consommation alimentaire qui ont de fortes incidences sur les besoins en eau d’un certain type d’agriculture.

C’est ce que nous verrons dans le prochain épisode : 21e siècle Une eau douce et précieuse

PS : Cette association a énormément contribué à améliorer la qualité des eaux . Soutenez la par un don : https://www.eau-et-rivieres.org/home

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