Florent Marchet / Le grand retour

Il sort un nouvel album « Garden Party » avec deux très beaux titres (De justesse et Freddy Mercury). Florent est un artiste dont j’aime particulièrement la qualité d’écriture, poétique et sensible, et sa voix à la fois touchante et percutante. Pianiste depuis l’âge de cinq ans, multi-instrumentiste, chanteur, compositeur de films, écrivain, ses thèmes préférés sont les faux-semblants, l’amertume ou l’emprise d’un environnement aliénant avec ses conséquences sur nos vies. Il visite ou revisite aussi l’adolescence, cet espace fragile qu’il décrit si bien. Retour sur un auteur véritable, fils de la terre du Berry, dont il faut lire les textes (chansons ou roman) qui font sens et ce, depuis son premier album « Gargilesse » sorti en 2004. Ecoutez ou réécoutez « Je n’ai pensé qu’à moi » et « Tous pareils », plus bas dans l’article, toujours et plus que jamais d’actualité.

Belle découverte ou re-découverte, Alan Mabden pour PigraïFlair / la culture a du sens 22/04/2022

https://youtu.be/8jOIcm8Ij8c

« On s’est bien fait avoir. Nos maisons se confondent. On a du mal à croire qu’on est champions du monde. On rêve d’un capital et les congels débordent et la fatigue s’installe comme un retour à l’ordre » Florent Marchet (On est tous pareils / prix Constentin 2004)

Courchevel & Le terrain de sport Auteur et compositeur Florent Marchet / Choeurs : Jeanne-Sarah Deledicq et Karine Serafin



On n’était pas malin
Sans te prendre la main
On t’emmenait
Près du terrain de sports
Caché
On découvrait ton corps
Et très souvent
On perdait pas le nord
Les yeux
Fermés
Et même
En haut des cimes
Déçus
Rien n’est sublime
Petit bateau à terre
Tes petits seins très clairs
On m’élangeait
Le goût de la salive
Avec des parfums de lessive
Respiration
Prétendument lascive
Tes yeux
Qui flambent
Tes jambes
Qui nous animent
Au fond
Rien n’est sublime
Les vapeurs de l’été
Nos mains précipitées
Vers l’inconnu
Ca nous rendait plus fort
Comme si
Dans ton aéroport
Jamais la vie
Pour nous ne s’évapore
Et toi
Tu semblais dire
Déchire, abîme
En moi
Rien n’est sublime
On se parlait à peine
Mais le bruit de nos veines
Nous rappelait
L’orgasme et la tempête
J’avais
Plus le goût à la fête
Alors dégage
Et remets tes lunettes
Tes Yeux
Mouillés
La nuit
Qui s’illumine
Pourquoi
Rien n’est sublime
Pourquoi
Rien n’est sublime

Se souvenir de cet ami disparu. Se mettre au piano. Aller à sa rencontre. Se souvenir de ses 15 ans, se souvenir de Freddie Mercury

https://youtu.be/urn4YYZzSsE
Reprise du titre de Stéphane Echer « Des hauts et des bas » dans Frère animal spectacle parti en tournée pendant trois ans pour raconter l’histoire de Thibaut, jeune homme défavorisé et à la dérive, qui s’engage dans un parti identitaire d’extrême droite…

Florent Marchet compositeur de musiques de films

Florent Marchet est un auteur-compositeur-interprète mais aussi un compositeur de musiques de films français. Florent Marchet fait son apparition au cinéma en 2002 sur « À moi seule » (Frédéric Videau), puis revient de manière plus régulière avec « Going to Brazil » (Patrick Mille, 2016), le documentaire intime de l’acteur Eric Caravaca (Carré 35), puis sur Je promets d’être sage, premier film de Ronan Le Page (2019). Il signe en 2021 la bande originale du telefilm « Les aventures du jeune Voltaire » et celle de « Selon la police » sorti le 23 février 2022

Biographie

Né au berry dans un univers artistique. Ses parents sont propriétaires d’un théâtre et poussent leur fils à évoluer dans leur univers. A deux ans, il assiste à son premier Printemps de Bourges et au Festival d’Avignon, à cinq ans, il apprend à jouer du piano. Lorsque les musiciens se produisent dans la salle de spectacle de ses parents, ils sont hébergés à la maison (il rencontre ainsi Micky Grailler, le pianiste de Chet Baker, ou Christian Vander). Il rêve alors d’être concertiste professionnel et consacrera les années qui vont suivre à cet apprentissage. Jusqu’à l’adolescence, seule la musique classique l’attirera. Il passe par différents stades qui le voient s’intéresser au jazz, pour son aspect intellectuel et réfléchi. En 1996, il monte un groupe de musique irlandaise avec lequel il écume bars et cafés-concerts, ce qui lui permet de commencer à vivre de sa musique. La scène sera sa première école. C’est aussi durant cette période qu’il intervient comme musicien dans les écoles, les hôpitaux psychiatriques, les prisons et qu’il apprend l’usage d’un grand nombre d’instruments, comme la guitare, la basse, la mandoline ou encore l’accordéon.

La rencontre avec Erik Arnaud sera particulièrement importante. Ce dernier lui demande notamment de l’accompagner au clavier sur sa tournée de 1999.

En 2001 il écrit ses premières vraies chansons et collabore entre autres avec Frédéric Lo, ensemble ils écriront « Ce n’est pas rien » pour Sylvie Vartan.

Après la publication de son premier album en 2004 (« Gargilesse »), Florent Marchet met en pratique sa folk lumineuse teintée de cuivre et d’éminentes références à Elliott Smith ou Calexico avec une longue tournée (plus de 80 dates).

Le Festival des correspondances de Manosque lui offre de son côté une carte blanche littéraire et Florent Marchet intègre des lectures de Nancy Huston ou Régis Jauffret pendant ses concerts.

En 2007, « Rio Baril », album-concept conçu comme un roman, succède à la mosaïque d’histoires de « Gargilesse ». Cet album lui vaudra d’être nominé pour le prix Constantin. Le même personnage se voit évoluer, au fil du banjo, du ukulélé, du piano-jouet et des contributions de Dominique A, Philippe Katerine et Jasmine Vegas.

Dans son quatrième album Bambi Galaxy qui sort en janvier 2014, le musicien se tourne vers les musiques électroniques pour illustrer ses douze nouvelles chansons sur la crise humaine et existentielle, dont font partie les extraits Où étais-tu ? et Apollo 21.

Roman Florent Marchet /Le monde du vivant

En 2020, Florent Marchet sortait même son premier roman chez Stock, Le Monde du vivant, plutôt bien accueilli par la critique. Un premier roman virtuose, mené par une écriture visuelle qui joue sur les émotions amoureuses, la solitude de l’existence, sa beauté aussi. Une forme de suspens saisit cette campagne où il fait trop chaud, où les corps sont trop moites, où les gestes sont maladroits et où les malentendus vont croissant, jusqu’au final.

Cet été-là, Solène a treize ans et elle déteste son père. Jérôme a obligé sa famille à s’installer à la campagne pour réaliser son rêve : devenir propriétaire d’une ferme. Cet ancien ingénieur, lui, est fier de sa nouvelle vie : au plus proche de l’écosystème, les mains dans la terre à planter des haricots et des tomates de saison, l’œil à veiller sur la traite de ses vaches. Mais les temps se durcissent, et la désillusion grignote son esprit.
Alors que les moissons approchent, sa femme Marion, voulant l’aider, se blesse avec une machine agricole et immobilisée. Théo, un « wooffeur » (aide agricole biologique) de vingt-quatre ans, vient seconder Jérôme ; il n’est pas sans charme, il n’est pas sans radicalité non plus. Avec sa présence c’est tout l’équilibre familial qui est chamboulé.
Avec la fin du collège, Solène découvre la sexualité, son langage amoureux, sa légèreté, ses bouderies, ses audaces. En ce mois de juillet, la vie va s’embraser.

Florent marchet nous parle de son rapport à l’écriture et à la musique

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