Réflexions sur la forme du cœur / Thoughts on the shape of the heart / Alan Mabden

« Shape of my Heart » est une des plus belles balades musicales de Sting. J’ai réécouté aujourd’hui ce titre (que je vous partage) et revu les images du film « Léon, le professionnel » de Luc Besson, ou figure cette chanson pour la scène finale. J’ai été ému, une nouvelle fois, par la musique et les images et ce n’est sans doute pas un hasard. J’ai eu envie de m’intéresser au sens de cette évocation du cœur et de vous faire part de mes réflexions.

Par la métaphore du jeu, l’auteur nous parle de l’humain confronté à la logique du bonheur et du hasard. Il évoque un homme qui joue pour déchiffrer l’énigme de son existence, son destin, trouver les réponses à ses interrogations. Il vit dans le réel un jeu, avec des cartes qui représentent ses actes et ses réflexions. En évoquant le joueur qui cache son jeu et ne montre pas ses émotions, le texte de la chanson nous renvoie à nos attitudes qui nous permettent de cacher la sincérité de nos sentiments derrière des masques multiples, en ne montrant pas nos vraies émotions.

https://youtu.be/NlwIDxCjL-8

“Je voulais écrire sur un joueur de cartes, un gars qui ne joue pas pour gagner mais pour essayer de comprendre quelque chose, pour trouver une sorte de logique mystique dans la chance ou le hasard, une sorte de loi scientifique, presque religieuse. Ce gars est un philosophe, il ne joue pas pour le respect ou pour l’argent, il essaie juste de comprendre la loi – il doit y avoir une certaine logique. C’est un joueur de poker, donc ce n’est pas facile pour lui d’exprimer ses émotions, en fait il n’exprime rien, il a un masque, et c’est juste un masque et ça ne change jamais.” – Propos de Sting – 1993

Léon, dans le film de Luc Besson, joue un jeu bizarre. il « abat » des cartes, tenues par des joueurs qui ont des rôles bizarres au sein d’une jungle urbaine qui a sa loi, la loi du fric et de la violence. A part ses lunettes de soleil rondes, qu’il met peut-être pour ne pas « voir » la crasse, Léon n’a pas de masque. Il fait la gueule sans forcer. Il ne fait pas semblant. C’est un vrai solitaire, séparé étroitement du monde et qui cache son vrai cœur derrière un masque qui ne change jamais. Le seul être vivant dont il prend soin est sa plante. Il lui donne de la lumière, l’arrose avec méthode. Ce végétal est la seule chose qui lui semble encore vivant dans ce monde de béton, sans foi, ni loi.

https://youtu.be/CblSZd2cx20

Cependant, notre « héros » ne peut pas tromper son propre cœur quand il rencontre Mathilda, cette pré-ado, magnifiquement interprétée par Nathalie Portman, qui est confrontée à la violence totalement irrationnelle de son environnement. Lui connaît ce monde absurde. il a les « outils ». Elle, non. Mais, en revanche, elle apporte son innocence, ses émotions et son envie de vivre. Elle a besoin d’être protégée, nourrie, de vivre en sécurité. Comme cette plante, elle a besoin d’amour pour grandir. La scène finale du film est éloquente. Matilda met en terre la plante en parlant à Léon, mort, mais dont l’âme est toujours vivante dans son cœur. « Je crois qu’on sera bien ici Léon »(I think we’ll be ok, Léon ». Elle est le symbole de la relation d’amour. Pour moi, ce végétal représente aussi le manque de nature, d’espaces verts dans nos centres urbains. Nous nous sommes, les humains, déconnectés à force d’être « soi-disant connectés. » Nos politiques ont été jusqu’à nous interdire de nous promener au grand air dans les parcs et les bords de mer pour nous « protéger » du Covid…

Le monde dans lequel nous vivons est très artificiel, « hors sol », avec des gens qui portent des masques, qui jouent des rôles, font semblant mais qui ne tendent pas les cartes de l’authenticité, de l’amour véritable, du partage. Est-ce le jeu de cartes qui est mauvais ou la façon de jouer? Pour ma part, je souhaite avoir entre nos mains moins de piques et plus de cœur et que nous sortions du jeu rois, reines et valets…

Alan Mabden / Publié sur PiFlair/ La culture a du sens / Samedi 22 Mai 2021

« Je crois qu’on sera bien ici Léon » Mathilda

Scène finale de Léon https://youtu.be/DzJlCJFEEt8

La forme de mon cœur (Shape of My Heart ) / Sting-Miller

Shape of My Heart est l’une des plus belles ballades de Sting qui figure sur l’album « Ten Summoner’s Tales » sorti en 1993. La chanson a été co-écrite avec son guitariste Dominic Miller, qui lui apporta le fameux riff de guitare. Elle a aussi été choisi pour la scène finale du film de Luc Besson, Léon, le professionnel..



Il distribue les cartes comme une méditation
Et ceux avec qui il joue ne le soupçonnent jamais
Il ne joue pas pour l’argent qu’il gagne
Il ne joue pas pour le respect

Il distribue les cartes pour trouver la réponse
La géométrie sacrée de la chance
La loi cachée d’un résultat probable
Les nombres mènent la danse

Je sais que les piques sont les épées d’un soldat
Je sais que les trèfles sont des armes de guerre
Je sais que les carreaux symbolisent l’argent pour cet art
Mais ce n’est pas la forme de mon cœur


Il peut jouer le valet de carreau
Il peut poser la dame de pique
Il peut dissimuler un roi dans son jeu
Pendant que son souvenir s’estompe

Je sais que les piques sont les épées d’un soldat
Je sais que les trèfles sont des armes de guerre
Je sais que les carreaux symbolisent l’argent pour cet art
Mais ce n’est pas la forme de mon cœur

Et si je t’ai dit que je t’aimais
Tu penserais peut-être que quelque chose ne va pas
Je ne suis pas un homme aux nombreux visages
Je ne porte qu’un seul masque


Ceux qui parlent ne savent rien
Et l’apprennent à leurs dépens

Comme ceux qui maudissent leur chance trop souvent
Et ceux qui ont peur sont perdus

Je sais que les piques sont les épées d’un soldat
Je sais que les trèfles sont des armes de guerre
Je sais que les carreaux symbolisent l’argent pour cet art
Mais ce n’est pas la forme de mon cœur

https://youtu.be/QK-Z1K67uaA

5 commentaires

  1. Even if you don’t know the words of the song, Sting creates some memorable tunes and this one is exceptional. I have not seen this film but I’m captivated by Mathilda’s beauty, playing against Leon’s ‘beast’. A fascinating post!

    Aimé par 1 personne

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