Héritages / Carl Rogers / Germes de lumières

Rogers pensait que les organismes humains ont une tendance innée à se maintenir et à s’améliorer qui les pousse vers le progrès, la maturité et l’enrichissement de la vie (voir plus bas l’analogie avec le germe qui cherche la lumière). Chaque personne est capable de se comprendre et de mener des changements constructifs. Le potentiel peut être découvert avec l’aide d’un thérapeute. Il crée la “Thérapie centrée sur la personne” ou “non-directivité” qui inspireront toutes les techniques de communication non-violente. Ses meilleures publications sont L’approche centrée sur la personne (1951) et Le développement de la personne (1961). Il a été, avec Abraham Maslow, le psychologue qui a accordé une grande importance au développement personnel. Comme Laurent Schachmann, Psychopraticien cité plus bas, je vois une grande rencontre intellectuelle avec Jiddu Krisnamurti qui enseignait constamment à ne pas être une marionnette dépendante de l’avis des autres, d’un système de pensée, religieux ou politique mais de faire son propre cheminement vers l’intérieur de soi pour « être vraiment soi-même ».

Alan Mabden pour Pigrai Flair / la culture a du sens Samedi 13 Mars 2021

L’Américain Carl Rogers est devenu, depuis les années 1950, une éminence de l’approche humaniste de la psychologie. Lorsqu’il émet des doutes sur la possibilité d’enseigner quoi que se soit, il fait l’effet d’une bombe et révolutionne totalement les rapports thérapeute-patient. Il se présente sans masque, il ne joue pas le rôle d’un thérapeute, mais il est “réel”, authentique, c’est à dire que ce qu’il ressent en lui est présent dans sa conscience, et qu’il est “transparent”. Il n’y a rien de cacher en lui pour l’autre. Il ne joue pas à l’impassibilité et laisse voir ses émotions, que ce soit de la colère, de la sympathie, de l’amour…

“Être empathique, c’est voir le monde à travers les yeux de l’autre et ne pas voir notre monde se refléter dans leurs yeux.” Carl Rogers

L’une des conditions indispensable de la thérapie est l’acceptation inconditionnelle de l’autre. La fameuse “neutralité bienveillante” est insuffisante, ce qui est soignant, c’est l’engagement affectif positif du thérapeute, l’identification profonde avec l’autre, l’empathie. Il crée la “Thérapie centrée sur la personne” ou “non-directivité” qui inspireront toutes les techniques de communication non-violente.

Il y a violence dès qu’il y a prise de pouvoir de l’un sur l’autre. La voie de la non-violence passe par l’expression de soi et l’écoute de l’autre.

Nathalie, fille de Carl Rogers a écrit( juste après la catastrophe du 11 septembre 2001) ce texte en hommage à son père concernant son travail d’approche sur la créativité : « théorie de la créativité », C.Rogers 1961. A méditer car très actuel.

« En ces temps où la conformité nous est imposée par les gouvernements, nous avons urgemment besoin d’individus forts qui soient capables de penser et d’agir de façon créative. La créativité menace ceux qui exigent la conformité. Les dictateurs écrasent l’expression de soi et le processus créatif. Ils ne veulent pas que leur citoyens pensent par eux-mêmes ou qu’ils soient spontanés, imaginatifs ou auto- déterminés. Ainsi, la créativité est subversive pour ceux qui exigent la conformité à un système
politique…
Le conformiste, d’un autre côté, est fermé, rigide dans sa pensée et suit le chef (leader) sans utiliser sa propre connaissance ou ses aptitudes pour discriminer. Je crois que pour maintenir et nourrir la démocratie dans notre monde on doit être créatif, c’est-à-dire être capable de jouer avec des idées, de voir des solutions alternatives et être capable d’écouter avec empathie tous les points de vue. » 

Bio

Carl Rogers

Carl R. Rogers est né le 8 janvier 1902 à Oak Parken, dans la banlieue de Chicago aux États-Unis. Il a grandi dans une famille profondément ancrée dans la religion chrétienne et dans le sens du devoir. Il a 12 ans lorsque ses parents achètent une ferme dans la région et son père devient agriculteur. Après son parcours scolaire, Rogers décide de s’inscrire à l’Université du Wisconsin afin d’étudier l’agriculture pendant deux ans.

Par sa formation universitaire en agronomie et par sa curiosité personnelle, il développe l’esprit pragmatique et scientifique qui le caractérisera tout au long de sa vie et lui permettra de devenir un chercheur de grande renommée. (Mariam Kinget et Carl Rogers, 1962, tome 1, p. 148).

Par la suite, il s’oriente vers la théologie mais un voyage en Chine en 1922 l’amène à douter des doctrines religieuses et il décide d’étudier la psychologie au Teachers College de l’Université Columbia. Il obtient son doctorat en 1931 et entreprend une carrière de psychologue clinicien.

Un voyage capital

Le choc culturel qui se produit pendant ce voyage en Chine perce une brèche dans la vision du monde de Rogers. Cette ouverture ne cesse de s’élargir et vient confirmer son mouvement vers l’indépendance. Rogers remarque, parmi la grande variété des hommes et des femmes qu’il rencontre, que chacun, avec la même sincérité et la même honnêteté, peut adopter des doctrines religieuses ou des concepts philosophiques très divergents des siens. C’est un éveil permanent à la diversité

« La rencontre intellectuelle entre Carl Rogers et Krishnamurti m’était apparue dans les années 70, quand je rédigeais : Pensée et Vérité de Carl Rogers, je notais à ce moment là, l’importance du voyage qu’il avait fait, à 20 ans, en Chine, et dans tout l’Orient. Long voyage puisqu’il était resté plus de six mois. J’avais été frappé par le lien entre ce voyage et la singularité de sa conception des choses et du monde et de l’ orientation qu’il allait progressivement développer. » Laurent Schachmann, Psychopraticien .

« Si nous voulons nous examiner très profondément et dans le plus grand calme (et non pas conformément à Freud ou Jung ou à quelque autre expert, mais nous regarder véritablement tel que nous sommes), peut-être verrons nous comment nous nous isolons tous les jours, comment nous dressons autour de nous-mêmes un mur de résistance et de peur. Nous » regarder » nous-mêmes est plus important et beaucoup plus fondamental que de nous observer selon tel spécialiste. Si vous vous regardez conformément à Jung, Freud, ou le Bouddha, ou n’importe qui, vous regardez par les yeux d’un autre. Et c’est ce que vous faites tout le temps. » Jiddu Krishnamurti, Au seuil du silence, Saanen, Gathering Committee, Suisse, 1968, pp.46 et 47

http://psychotherapeute.paris/rogers-et-krishnamurti/

L’avis des autres et la vie des autres

Pour Rogers, le guide le plus important de chacun d’entre nous ne se trouve pas chez les autres, ni même dans un courant de pensée ou de religion, mais à l’intérieur de soi. Pour lui, la plus haute autorité se situe dans l’expérience personnelle. Il considère que les jugements des autres doivent être écoutés mais ne peuvent pas servir de guide.

“Je me sens plus heureux simplement du fait d’être moi-même et de laisser les autres être eux-mêmes.” Carl Rogers

Le germe et la lumière

Lorsqu’il était jeune, Carl Rogers vivait à la campagne. La coutume était alors d’entreposer durant l’hiver la récolte de pommes de terre dans la cave. Le jeune Carl, qui aimait observer la nature, s’est rendu compte que malgré ces condition peu favorables, les pommes de terre arrivaient à germer. Certes, les petites tiges étaient frêles et blanchâtres, très différentes des tiges drues et vertes qui poussent au printemps en pleine terre. Mais elles se dirigeaient vers la lumière de la lucarne, dans une tentative désespérée pour se développer.

La vie, même si elle ne peut atteindre son objectif, n’abandonne jamais. C’est cela la tendance actualisante, le fondement même de l’Approche centrée sur la personne.

Certaines personnes arrivent en psychothérapie avec comme fardeau une vie difficile, remplie d’obstacles, de blessures, de souffrances. Pourtant, elles ont franchi le pas pour rechercher de l’aide, elles luttent pour avancer vers la croissance et leur développement, pour tenter de se réaliser dans leur existence.

Enseigner selon Carl Rogers

« Le seul savoir qui influence vraiment le comportement, c’est celui qu’on a découvert et qu’on s’est approprié soi-même. » Carl Rogers

“L’homme éduqué est celui qui apprend à apprendre.” Carl Rogers

« Ce qu’il y a de triste et de pénible dans la plupart des systèmes d’éducation, c’est que lorsque l’enfant a passé un certain nombre d’années à l’école, cette motivation spontanée se trouve pratiquement étouffée. » Carl Rogers

« … il est bien dommage que les enseignants et le public en général attachent tant d’importance au fait d’enseigner. Cela crée un tas de problèmes qui sont sans intérêt ou absurdes par rapport à une vraie formation. » Carl Rogers

Sources et liens pour en savoir plus

http://www.fabiennesainflou.fr/blog/lecoute-active-selon-carl-rogers/

http://psychotherapeute.paris/rogers-et-krishnamurti/

https://nospensees.fr/les-7-meilleures-phrases-de-carl-rogers/

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