Poésie /A toi l’enfant / Alan Mabden

Je suis là devant toi
L'enfant que j'étais
Je te vois t’éloigner, 
Emporté par le courant du temps
Ton innocence me sourit
Sur les photos de l'enfance,
Ne pensant pas encore la vie,
Neuf comme un nouveau monde 
Regardant mon corps frappé
Par des embruns salés,
Fatigué d'avoir rêvé
Sur les chevaux du vent
Tu pars comme une vague se retire
Me fixant tendrement
Les pieds enfoncés dans le sable mouvant
Ton regard me transperce de larmes
Me ramène à la vie, à cette presqu'île
Futile, volatile
Fuyant un vent de désert
Qui massacre la vue 
La rend trouble pour ne pas voir demain
Luttant contre cette force du destin 
Qui veut m'arracher à la terre 
à laquelle je tiens tant
Aux jeux d'amants 
Aux écrins de rires
Aux perles de joie
 
Alors je t'embrasse une dernière fois
Tel un souvenir d’autrefois
Je ne suis plus toi
Tu as grandi 
Et moi aussi
J’étais toi et oublie moi
Tu n’existe plus
Ta naïveté non plus
Mais je te garde sous mon toit
Dans cette cabane de neige et de bois
Comme une lumière, une étincelle
Un feu rougissant l'âtre de mon cœur
Un nid sur l'arbre du bonheur
Une folie dans mon dément ciel
Un phare dans le néant
Un beau rêve inachevé
Un brouillon en devenir
Une force qui me tient debout
Face aux étoiles qui m’appellent

A toi l’enfant pour toujours
Les yeux dans l’infini
Je te dis
Merci

©Alan Mabden / mercredi 20 Janvier 2021 / Pigrai Flair - La culture a du sens  / Tous droits réservés

The Mirror/Alexandre Desplat

THE MIRROR/ALEXANDRE DESPLAT https://youtu.be/c9UQmAo_TM4

12 commentaires

  1. Ton magnifique poème m’a profondément émue, Alan.
    Lu et relu. Quand j’aime un poème, c’est comme ça, je ne peux pas m’empêcher de le relire plusieurs fois à voix haute.
    J’enregistre ce billet. A re re relire ♡

    Belle et douce nuit à toi. Bisous, a très bientôt.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Alain. Oui, les blessures ne sont pas faciles à effacer car enfant on est très tendre et vulnérable. Mais il y a aussi le merveilleux, l’amour des autres, leur dynamisme qu’on emmagasine dans sa mémoire et tout ça reste un beau terreau pour vie de la plante plus tard ;). Comme tu dis, il est important de garder un peu (beaucoup?) de son âme d’enfant pour garder espoir et rester zen et debout; bien à toi. A bientôt.

      Aimé par 1 personne

  2. Bravo Alan pour ce poème émouvant.
    J’ai moi aussi parfois la nostalgie de l’enfance, enfin sous certains aspects seulement.
    L’enfance représente un peu les fondations de notre personne, ainsi nous pouvons refaire tout l’édifice de notre vie, mais les fondations sont immuables, on ne revient pas sur l’enfance, elle reste ancrée en nous. C’est du moins mon impression.
    Enfin, je pense également que les plus beaux adultes sont ceux qui savent être de grands enfants. Comme l’enfant, nous devrions savoir rester curieux de tout, conserver cette belle capacité d’émerveillement, mais aussi la joie, et le goût du jeu, bien que la vie ne soit pas toujours un jeu d’enfant.
    Bien à toi

    Ben

    Aimé par 2 personnes

    1. Salut Ben. Je pense que ça reste effectivement nos fondations et c’est pour ça que malheureusement certains (nes) ne pourront pas se construire. A moins de rencontrer de belles personnes qui les aident à se re-construire en effaçant le plus possible les vieux soubassements pourris. C’est ce qu’on appelle la résilience. Et puis il est important de garder de la légèreté, de l’humour, l’amour du jeu et puis la coopération, l’entraide qui fonctionnent bien si on est pas entouré par des adultes assoiffés de performance, de compétition et de violence. Merci Ben et à bientôt.

      Aimé par 1 personne

  3. Encore une fois la poésie t’aime Alan !
    Tu es très doué pour cet exercice, il y a chez toi cette capacité à entrer dans une introspection presque naturellement, on est avec toi, on se sent si proche de tes sentiments et de tes émotions, avec netteté, simplicité et une grande sincérité, tu nous entraines dans ton cercle de l’intime avec beaucoup de grâce et de brillance.
    bravo Alan !
    Bien fort

    Aimé par 1 personne

      1. Mais ils éclairent si bien ton chemin que tu nous les livres avec la même limpidité.
        On boit tes textes, c’est vraiment comme du petit lait…ton texte n’est pas perché, il est vivant, libre et inspirant …
        Tu sais moi j’ai du mal avec la poésie, c’est un terrain où je ne me risque pas ou que très rarement, surement parce que je partirais trop loin ou par peur de me livrer ou pire par peur de ne pas être entendue… du coup je passe surement bien au large de ce que toi tu parviens à nous faire ressentir !
        bravo !!!!!

        Aimé par 1 personne

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