Questions pour demain / Revenu & services universels

La crise qui va arriver en 2021 va frapper comme un ouragan l’économie mondiale et nous obliger à trouver et anticiper des solutions anti précarité pour renforcer la protection sociale, éviter la misère des plus fragilisés. Notre monde évolue vers une robotique accrue, moins d’emplois, une moindre consommation de biens matériels, une diminution des transports, … Si la crise sanitaire se confirme, il y a urgence à trouver des revenus de substitution. Les avis divergent sur les solutions, les mots aussi : revenu mensuel d’existence, revenu «républicain» pour la Fondation Jean-Jaurès, revenu universel d’activité (conditionné à la recherche d’emploi), revenu inconditionnel de base pour tous, dotation inconditionnelle d’autonomie, cash transfert, revenu maximum acceptable, accès gratuits aux services publics ou à l’énergie, réflexions sur le bon usage ou mésusage de biens de consommation, fin du chômage par un emploi d’économie locale utile et payé dignement,… Toutes ces solutions méritent d’être explorées car il y a des avantages mais aussi des pièges dans chacune des opinions à ce sujet.

Je vous présente une exploration contradictoire mais constructive de différentes propositions par le bief de trois vidéos très intéressantes qui ont le mérite d’ouvrir la réflexion et le débat. Mon objectif à travers cet article n’est pas de prendre parti mais de participer à la recherche de solutions élaborées collectivement sur la base d’une réflexion intelligente.

Alan Mabden pour Pigrai Flair / la culture a du sens

Le revenu universel

Le revenu universel « pourrait » devenir un outil qui aurait vocation à durer et ainsi renforcer la protection sociale, sur un chiffre estimé entre 725 et 1 000 euros par mois. Évidemment, tout cela a un coût. Là encore les avis divergent. D’autres proposent d’insérer de la gratuité sur des biens ou services essentiels comme l’accès à l’eau potable, les premiers kw/h ou la nourriture… D’autres encore proposent de taxer ce qui est nuisible à la société, à l’environnement et d’instaurer des revenus maximum d’existence. Nous voyons, clairement par effet mécanique et automatique, des revenus augmenter de façon exponentielle par le bief d’algorithmes dans des serveurs, sans aucune intervention humaine ou travail physique.

https://youtu.be/pzRS0NiK0GM

Au Canada, une prestation d’urgence a été créée, autorisant ceux qui ont perdu leur emploi à cause de l’épidémie, à toucher 2 000 dollars mensuels (1 300 euros) pendant quatre mois. Au Japon, où le plan de relance du gouvernement comprend un chèque de plus de 800 euros versé aux citoyens japonais comme aux résidents étrangers. Mais surtout en Espagne, où le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez, soutenu par Podemos, a annoncé son intention de créer un «revenu vital minimum» à destination des plus modestes. A chaque fois, remarquent les auteurs de la note, il s’agit de donner de l’argent sans contrepartie à des citoyens. La logique du revenu universel.

«La crise actuelle révèle de façon criante les trous dans la raquette de notre système de protection, elle montre aussi les mutations importantes de notre société : robotisation, économie numérique, parcours de vie moins linéaires qu’avant… Aujourd’hui, notre système est fondé sur la compétition. Il y a des perdants et on les aide. Nous, nous voulons éviter que ne se créent des inégalités, en les anticipant. Passer de la redistribution à la prédistribution.» Thierry Germain

Restaurer pour chacun dignité et autonomie en accompagnant les nouveaux parcours de vie ou en apportant un complément de ressources aux nombreux travailleurs qui «ne parviennent pas à tirer un revenu décent de leur activité» : agriculteurs, artisans, temps partiels, autoentrepreneurs, etc. Mais aussi sur le plan personnel, en développant le «pouvoir d’agir» des individus et en valorisant les «activités d’utilité sociale», non marchandes, comme le bénévolat, l’aide aux personnes âgées ou en situation de handicap, la création artistique, etc.

https://youtu.be/0EP28otFu-A

Le cash transfert

Le cash transfert est une somme d’argent reçu par téléphone au moyen d’un code secret. Au Kenya ou cette solution est testée, tout le monde n’accepte pas cette somme, car méfiant sur les origines de cet argent « donné » par une association américaine, Give Directly, financée par des géants de la Silicon Valley, google, facebook… La question qui se pose avec cette pratique est l’intérêt de ces entreprises sur le long terme. Pourquoi font-ils cela ? Quel est le but sur le long terme ? La question mérite d’être posée, y compris pour nos pays occidentaux, si l’état se trouvait super endetté et ne pouvait plus être un organisme social régulateur. Nous pourrions être dépendants de défenseurs de l’économie libérale, adeptes de solutions à base d’intelligence artificielle, d’humains connectés et de contrôle de la population par la monnaie numérique, la cryptomonaie. D’un autre coté, l’on voit bien, que l’argent est de plus en plus virtuel et que notre vision des échanges peut évoluer vers plus de liberté sur le concept d’échange et sur l’utilisation de cette énergie.

https://youtu.be/hObgAzTKUU0

2 commentaires

  1. Salut Alan,
    Très bonne article avec d’excellentes suggestions. Je suis plus partisan d’un revenu universel de base sans conditions que des cash transfer.
    Dans l’idéal, nous devrions nous habituer à l’échange de biens et de services, je pense que l’avenir va être de plus en plus compliqué financièrement, d’autant plus que l’argent risque d’être très prochainement complètement dématérialisé.
    L’autoproduction de nourriture que je plébiscite, et le « faire soi-même », sont également des options qui pourront aider les ménages précaires.
    Enfin, lorsqu’on a le monde à refaire de A à Z, le travail ce n’est pas ce qui manque. Tout le monde devrait pouvoir exercer une fonction en rapport avec ses qualités et compétences. J’espère que nous finiront par adopter de nouvelles solutions, il est inutile de persister dans les anciennes méthodes qui de toute évidence n’ont pas fonctionné.

    Merci pour cet article qui ouvre de nouvelles perspectives, et contribue à démontrer qu’un autre type de société est possible.

    Je te souhaite un beau week-end
    Ben

    1. Bonjour Ben. Merci pour ton retour. Encore une fois tout dépend de qui tient les rennes du système. Seul un vrai pouvoir citoyen à tous les niveaux peut décider d’une juste répartition des richesses. Si l’argent se dématérialise complètement, il ne faut pas que ce soit la finance qui décide car il faudra « mériter » sur des critères que l’on connaît. Je pense qu’un revenu de base minimum et un revenu maximum peuvent être de bonnes bases pour cadrer la société dans sa répartition. Perso, je souhaite que ce droit soit lié à une activité moitié au service de la société, moitié consacrée au développement de la richesse personnelle (activité artistique, sportive, culturelle). Comme tu le dis, il y a du « travail » en ce sens. Alan

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