Le poète des poètes / Rainer Maria Rilke

Quel enseignement! Rainer Maria Rilke est un véritable guide pour apprendre à vivre et nous engager sur un véritable chemin spirituel. Il nous montre comment être résolument humain, à l’écoute de notre nature la plus secrète, profonde et invisible. L’amour et la sexualité sont pour lui l’espace d’une transformation, d’une métamorphose, d’une tension vers l’impossible préservé.

Il est surtout connu pour ses « Lettres à un jeune poète » écrites entre 1903 et 1908) pour un jeune homme de vingt ans, Franz Xaver Kappus, élève du prytanée militaire de Sankt-Poelten, et pour ses œuvres poétiques (« Élégies de Duino », « Sonnets à Orphée ») bien qu’il ait écrit un roman, « Les cahiers de Malte Laurids Brigge », ainsi que des nouvelles et des pièces de théâtre. Il écrit essentiellement en allemand et traduit des poètes français comme Paul Valéry. Plus rarement, il compose en français, notamment une longue série de poèmes dédiée au canton du Valais (« Vergers » ou « Les Quatrains valaisans »).

https://youtu.be/UXda5om87gg

« La destinée ne vient pas du dehors de l’homme, mais elle sort de l’homme même. »

« Etre artiste veut dire ne pas calculer, ne pas compter, mûrir tel un arbre qui ne presse pas sa sève, et qui, confiant, se dresse dans les tempêtes printanières sans craindre que l’été puisse ne pas venir. » / Rainer Maria Rilke

Biographie

Rainer & son père

Rainer Maria Rilke est né à Prague en 1875. Issu d’une famille désunie, Rainer Maria Rilke passe une enfance solitaire en Allemagne. Son père, officier à la retraite, souhaite qu’il mène une carrière militaire. Il devint ainsi pensionnaire dans une école militaire avant d’être renvoyé en 1891 pour inaptitude physique.

« Une seule chose est nécessaire: la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même et ne rencontrer pendant des heures personne, c’est à cela qu’il faut parvenir. Etre seul, comme l’enfant est seul… » / Rainer Maria Rilke

En 1896, il part pour Munich et y rencontre en mai 1897 Lou Andreas-Salomé. Il étudie le droit et le commerce et publie des textes en prose et des poèmes, comme « Pour ma joie ».

Spirituel, il est convaincu de la présence divine, notamment dans son recueil « Histoires du bon Dieu ».

« Dieu ne peut être qu’une direction de l’amour, non un objet. »

Avec Clara Westhoff

Il change son prénom René Maria en Rainer Maria. Sans réelles attaches, il vit en Italie, puis en Russie où il rencontre Tolstoï en 1899. Deux ans plus tard il fait un mariage éphémère avec Clara Westhoff, dont naitra une fille, Ruth. Il nourrit des amitiés avec quelques-uns des créateurs les plus remarquables de son époque, en particulier, Auguste Rodin, dont il est le secrétaire à partir de 1905,

et Marina Tsvetaieva, dont il décèle le génie avant tout le monde et avec qui il correspond.Puis il erre à nouveau à travers l’Europe et au-delà de 1907 à 1910

Rainer Maria Rilke avec la peintre Baladine Klossowska and her fils Balthus, 1922
Rainer Maria Rilke avec la peintre Baladine Klossowska and her fils Balthus, 1922
Princesse Marie von Thurn und Taxis

Il abandonne peu à peu la prose pour se consacrer à la poésie, plus apte selon lui à restituer les « méandres de l’âme ». En 1910, il fait la connaissance de la princesse Marie von Thurn und Taxis, qui sera son mécène jusqu’en 1920 et pour qui il composera les Élégies de Duino.

Mobilisé dans l’infanterie lors de la Première Guerre mondiale, il revient rapidement à la vie civile et écrit en Suisse plusieurs recueils de poésies en français. La guerre de 1914-1918 est pour Rilke une cruelle épreuve. Pénétré de culture européenne, il souffre de cette lutte qu’il juge fratricide.

Lou Albert-Lasard.

Il reprend ensuite sa vie errante, revient à Paris en 1920 puis se réfugie dans le Valais. Pendant deux ans, Rilke entretient une liaison tumultueuse avec la femme peintre Lou Albert-Lasard.

Le poète meurt d’une rose !

En 1926, il se pique avec les épines d’une rose qu’il vient de couper. Quelque temps après, Rainer Maria décède d’une leucémie au sanatorium de Valmont refusant les soins thérapeutiques. Il est inhumé à Rarogne dans le canton du Valais.

Rilke & La poésie

« Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. » / Rainer Maria Rilke

https://youtu.be/XOOXiolhCnA

Notes sur la poésie / Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète, traduction de Claude David, dans Œuvres en prose, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1

« Vous demandez si vos vers sont bons. C’est à moi que vous posez la question. Vous en avez interrogé d’autres auparavant. Vous les envoyez à des revues. Vous les comparez à d’autres poésies et vous vous inquiétez quand certaines rédactions refusent vos essais. Or (puisque vous m’avez autorisé à vous conseiller), je vous invite à laisser tout cela. Vous portez vos regards au-dehors ; or, c’est précisément ce qu’en ce moment vous devriez ne pas faire. Personne ne peut vous conseiller ni vous aider, personne. Il n’existe qu’un seul moyen, qui est de rentrer en vous-même. Cherchez le sol d’où procède ce besoin d’écrire ; vérifiez s’il étend ses racines jusqu’au plus profond de votre cœur ; faites-vous l’aveu de savoir si vous devriez mourir au cas où il vous serait interdit d’écrire. C’est cela surtout qui compte : demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit si vraiment il vous faut écrire. Creusez en vous-même jusqu’à trouver la réponse la plus profonde. Et si cette réponse est affirmative, si vous ne pouviez accueillir cette grave question qu’en disant simplement, fortement : « Oui, il le faut », alors construisez votre vie en fonction de cette nécessité ; votre vie doit être, jusqu’en ses instants les plus insignifiants et les plus minimes, la marque et le témoignage de ce besoin. »

https://youtu.be/rqJu8zwc_Yc

Aimer pour Rainer Maria Rilke

« Aimer, c’est devenir un monde, un monde en soi pour quelqu’un d’autre. »

« Le partage total entre deux êtres est impossible et chaque fois que l’on pourrait croire qu’un tel partage a été réalisé, il s’agit d’un accord qui frustre l’un des partenaires, ou même tous les deux, de la possibilité de se développer pleinement.Mais lorsque l’on a pris conscience de la distance infinie qu’il y aura toujours entre deux êtres humains, quels qu’ils soient, une merveilleuse « vie côte à côte »devient possible : Il faudra que les deux partenaires deviennent capables d’aimer cette distance qui les sépare et grâce à laquelle chacun des deux aperçoit l’autre entier, découpé dans le ciel. »

Article d’ Alan mabden / La culture a du sens / Lien de l’article https://pigrai.com/2020/11/08/le-poete-des-poetes-rainer-maria-rilke/(merci de citer le blog https://pigrai.com/)

8 commentaires

  1. Génial. Au début je me suis fait avoir. Je croyais que tu étais en plein blouzes. Mais non enfin messie c’est toi en chat. Il y a un côté auto bio graphique la dedans, c’est sur. La vie est dure alors être chat domestique pantouflard, c’est pas mal ;)🐱

  2. Tu me fais rire !!
    Il fallait que j’installe une dramatique 😉
    Par contre bien vu pour le côté auto-biographique surtout pour la vie de berger, ce métier me fascine, il est chargé de poésie et j’ai le sentiment qu’ils touchent peut-être à une certaine idée de la liberté…
    Ton article est très bon, tu me donnes envie d’ouvrir le livre que je viens de m’acheter de Rainer Maria Rilke ( sur les conseils d’une copine de théâtre ), les extraits que tu as choisi sont ciselés, mais que c’est beau, et extrêmement brillant, cet homme est un joaillier des mots, et on sent une dimension humaine très grande
    je vais lire le bouquin et je viendrai déposer un autre commentaire dans quelques temps 😉 !
    La bonne soirée Alan et merci pour tes articles toujours super bien construits et présentés, c’est un plaisir de te lire
    Co

  3. Voilà une bien belle personnalité que je ne connaissais absolument pas. Je découvre ce poète avec grand intérêt, il semble porter une grande sagesse, et une authentique sensibilité.
    🙏Merci Alan, je vais explorer ses textes qui m’ont l’air très inspirants.

    à bientôt

    Ben

  4. Époustouflée après la lecture de ce billet. Ce travail de recherches derrière cet excellent billet, ce n’est pas rien. Alors déjà pour ça, chapeau. Ensuite il y a l’art et la manière d’en extraire le nectar, de présenter et rédiger le billet.pour en faire une lecture des plus agréables.
    J’enregistre ce billet-la aussi. Il est nécessaire d’y passer du temps. On ne peut pas que le lire en passant. En tout cas, moi, je ressens le besoin de m’y attarder et d’approfondir. Et je note  » Lettre à un jeune poète  » dont j’ai lu ici et là bcp de citations qui en sont extraites, mais jamais lu l’ouvrage en entier. Ce sera bientôt chose faite.
    MERCI Alan. Ces deux billets que j’ai enregistré vont faire mes prochaines heures.
    Re bonne journée. A bientôt.

    1. Je comprends que tu kiffe ce grand auteur. Merci pour avoir pris le temps d’écrire ce commentaire. Je me suis pris de passion pour écrire des articles et le temps ne compte pas car c’est devenu une passion. Comme toi, j’adore écrire et partager. Le monde des artistes est une merveille qu’il faut chérir et la culture un joyau qu’il est impérieux de défendre, particulièrement aujourd’hui.
      Je te souhaite une très belle journée Solène 💥 Alan

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