Camus / Vivre en « Absurdie »

« La culture a du sens » est le slogan de Pigrai’Flair. Pour Camus, la vie est absurde et n’a pas de sens divin mais il n’est cependant pas nihiliste. Il nous invite à trouver ce qui a du sens pour soi, à vivre à fond et créer en plein milieu du désert. La vie n’est pas prédéterminée par un ordre quelconque. Il développe un humanisme fondé sur la prise de conscience de l’absurde de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l’absurde, révolte qui conduit à l’action et donne un sens au monde et à l’existence, et « alors naît la joie étrange qui aide à vivre et mourir ». Pour Camus, le suicide est un signe de manque de force face au “rien”. Car même si la vie est une aventure sans signification absolue, elle vaut toujours la peine. Comme il n’y a rien d’autre que la vie elle-même, la vie devrait être vécue à son maximum afin de comprendre la signification de l’existence. Pour Camus, c’est aux hommes eux-mêmes de donner sens à la vie. Sa solution consiste à vivre l’absurde, ce qui signifie une absence totale d’espoir (qui n’est pas la même chose que le désespoir), une réflexion permanente (ce qui n’est pas la même chose que le renoncement), et une insatisfaction consciente (ce qui n’est pas la même chose que l’anxiété juvénile).

“A partir du moment où elle est reconnue, l’absurdité est une passion, la plus déchirante de toutes” Camus

https://youtu.be/q2m4kRO2yuw

« Vous n’avez pas la foi, vous n’avez pas le baptême, mais permettez-moi de vous dire que vous n’avez besoin ni de l’une ni de l’autre, puisque vous avez la grâce » François Varillon, prêtre et théologien jésuite à Albert Camus

https://youtu.be/yKFyuHL118U

Biographie

Albert Camus naît à Mondovi (Algérie) le 7 Novembre 1913. Il est le second enfant de Lucien Camus, ouvrier agricole et de Catherine Sintes, une jeune servante d’origine espagnole qui ne sait pas écrire et qui s’exprime difficilement. Lucien Camus est mobilisé pendant la première guerre mondiale et meurt lors de la Bataille de la Marne. Le jeune Albert ne connaîtra pas son père. Sa mère s’installe alors dans un des quartiers pauvres d’Alger, Belcourt. Grâce à l’aide de l’un de ses instituteurs, M. Germain, Albert Camus obtient une bourse et peut ainsi poursuivre ses études au lycée Bugeaud d’Alger. Il y découvre à la fois les joies du football (il devient le gardien de but du lycée) et de la philosophie, grâce à son professeur Jean Grenier. Il est alors atteint de la tuberculose, une maladie qui plus tard, l’empêchera de passer son agrégation de philosophie.

https://youtu.be/dU5zJcGhezg

Dans les années 1930, il fréquente le milieu littéraire algérien et côtoie de futurs grands écrivains et éditeurs, parmi lesquels Max-Pol Fouchet, Edmond Charlot et Emmanuel Roblès. En 1935, il adhère au parti communiste algérien, puis le quitte en 1937. Il crée successivement deux théâtres, le Théâtre du Travail sous l’égide du PCA, puis le Théâtre de l’Équipe suite à son départ du parti.

En 1937, il publie sa première œuvre littéraire, L’Envers et l’Endroit, constituée d’une suite d’essais. Il intègre la rédaction du journal Alger républicain, où ses écrits sont remarqués. Le journal est interdit en 1940, date à laquelle Albert Camus épouse Francine Faure, une mathématicienne et pianiste française, à laquelle il restera marié toute sa vie malgré de nombreuses aventures. Ils s’installent tous deux à Paris où Albert travaille comme secrétaire de rédaction du journal Paris-Soir, et où il crée la revue Rivages. Sous l’impulsion d’André Malraux, rencontré quelques années plus tôt à Alger, l’auteur publie son premier roman en 1942, L’Étranger, qui demeure à ce jour une œuvre majeure de la littérature française.

En 1943, Albert Camus devient lecteur chez Gallimard et prend la direction de Combat, journal clandestin de Résistance, en lieu et place de son ami Pascal Pia appelé à d’autres fonctions. Il s’investit fortement dans la Résistance. À l’issue de la guerre, il occupe une place importante dans le milieu artistique parisien, côtoyant Picasso, François Mauriac, ou encore René Char. En 1947 paraît le roman La Peste qui reçoit le Prix des Critiques en 1948. En 1949, Albert Camus sort la pièce de théâtre, Les Justes, la dernière qu’il écrira. Dans les années 1950, il poursuit son œuvre littéraire ainsi que l’adaptation de nombreuses pièces de théâtre. Parmi ses œuvres, L’homme révolté (1951) et La Chute (1956). Dans ses ouvrages, Albert Camus prend position contre une révolution définitive et le mouvement existentialiste. Cela lui vaut les inimitiés de nombreux camarades communistes, dont Jean-Paul Sartre. Engagé auprès de l’UNESCO, il combat l’Espagne franquiste et prend position en faveur de l’Algérie française. En 1957, il est récompensé par un prix Nobel de la Paix pour l’ensemble de son œuvre, avec des mentions spéciales pour ses romans L’Étranger et La Peste, ainsi que son essai Le Mythe de Sisyphe. Albert Camus meurt d’un accident de voiture en 1960, alors qu’il est accompagné de l’éditeur Michel Gallimard, qui survit à l’accident.

https://youtu.be/UBK6IyqVcP4 Discours prononcé devant des réfugiés espagnols ayant fui le Franquisme. Testament politique d’Albert Camus prononcé le 22 janvier 1958.

« Je vis comme je peux dans un pays malheureux, riche de son peuple et de sa jeunesse (provisoirement pauvre dans ses élites) lancé à la recherche d’un ordre et d’une renaissance à laquelle je crois. Sans liberté vraie et sans un certain honneur, je ne puis vivre, voilà l’idée que je me fais de mon métier »

Albert Camus

https://youtu.be/M5QD-32MCv4

Camus & Sartre

En 1944 il fait la rencontre de Jean-Paul Sartre. Ce dernier souhaiterait qu’il mette en scène sa pièce Huis Clos. C’est l’époque où les deux philosophes entretiennent des rapports amicaux : « l’admirable conjonction d’une personne et d’une œuvre » écrit Sartre de Camus. Leurs relations vont pourtant s’envenimer jusqu’au point de non retour. En 1951, publication de l’Homme Révolté qui vaut à Camus à la fois les foudres des surréalistes et des existentialistes.

Des surréalistes tout d’abord : André Breton est furieux des propos de Camus sur Lautréamont et Rimbaud. Les existentialistes se déchaînent quant à eux, en publiant un article très critique dans Les temps Modernes, revue dont le directeur n’est autre que Jean-Paul Sartre.

La révolte suppose, chez Camus, et c’est un point de fracture avec l’ontologie de Sartre, que l’homme a une nature humaine. Sans nature humaine, pas de révolte car pas de cause universelle à défendre. Le révolte est la tentative de poser une frontière, dont le symbole est le « non « . Le révolté est dans le mode « tout ou rien », car il préférerait mourir debout que de vivre couché.

Résistants, ils l’étaient tous les deux, mais pas de la même façon. Sartre dira, avec reproche, après coup : « J’étais un écrivain qui résistait, et non un résistant qui écrivait. » De Camus, il aurait pu affirmer le contraire : l’auteur de L’Étranger et du Mythe de Sisyphe avait des responsabilités dans le mouvement Combat. Les Allemands chassés, il devient rédacteur en chef du quotidien Combat, qui paraît sous le fier bandeau « De la Résistance à la Révolution ». Sartre écrit pour lui un reportage : « Un promeneur dans Paris insurgé », et occupe le Théâtre-Français avec quelques auteurs dramatiques armés de vieux fusils et de pistolets. Plus tard, Camus envoie Sartre pour des reportages aux États-Unis.

Sa critique du totalitarisme soviétique lui vaut les anathèmes des communistes et coupe les ponts avec Jean-Paul Sartre.

6 commentaires

  1. J’adore ton billet, Alan. En dehors du fait que je suis une inconditionnelle de Camus, les billets d’une telle qualité se font rare sur WordPress.
    Félicitations. Et merci, un tout grand MERCI. Je l’enregistre pour y revenir chaque fois que j’aurai un moment dans les prochains jours.
    Bel après-midi à toi, cher Alan. A bientôt. Très bientôt !

    1. J’adore ton So commentaire ;). Merci à toi pour ce compliment. Trouver un sens à sa vie n’est pas si facile, surtout dans les jours sans mais nous avons ce point commun qu’est l’écriture. Et ça c’est génial car nous pouvons par cet art exprimer bien des émotions ou sentiments. Je viens de recevoir ton livre. Il va avoir une place de premier plan près de mon lit. Le printemps reviendra à l’automne. Toi aussi félicitations pour tous ces écrits venus du cœur et pour ton talent. Je te souhaite beaucoup de succès pour ce beau livre, ce bébé comme tu dis.
      A bientôt, Alan

      1. Oui. Il n’y a pas d’amour sans les mots mais souvent ils sont artificiels s’ils ne sont pas vécus profondément. La Poésie si elle vient du cœur est vraie. Et dans ce cas et seulement dans ce cas, elle sonne juste. Tu glisses souvent dans ton blog des citations sur l’intérêt de prendre la plume ou non. J’aime beaucoup les lire car elles nous rappellent qu’écrire doit être important, vital, essentiel. Merci Solène pour cet article qui résonne avec le mien que tu cites avec le lien . MERCI💥

      2. C’est vrai que parfois, les mots….

        En effet, si ils ne sont pas ressentis profondément….

        ( je ne m’étendrai pas d’avantage, mais tu m’auras comprise 😉 )

        Ce n’est pas pour rien que je parlais l’autre jour d’âme à nue.

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