Billet d’humeur/ J’ai rencontré Myriam / Alan Mabden

En ce bel après Midi d’été, j’allais sur mon lieu de rendez-vous à la recherche d’une certaine Myriam. Le texto m’indiquait 29 chemin de Pen Coat comme point de notre future rencontre. Ne connaissant pas cette petite ville chargée de pavillons clonés qui s’endormait sans bruit l’automne venue, je branchais mon Waze sur le Bill satellite. Arrivé au bout de l’allée, une jolie voix féminine à l’accent numérique m’annonça «vous êtes arrivé «. «Ok, Madame Waze, mais la gauche m’indique le 17, ma droite le 20 et au bout de « l’avenue » : « panneau sens interdit, propriété privée ». La dame insista « faites demi tour ». Bon, il ne faut pas discuter avec Miss Waze, surtout en sens unique. Je fis demi tour et après avoir regardé de plus près le sms, je vis que le 29 était un centre de l’hyperconsommation. Je garais mon véhicule durable au milieu de SUV rutilants, réfléchissant le soleil de leur noirceur et pénétrais si j’ose dire l’antre de la démesure commerciale. Pris de nausée par la vue de ses produits sans aucun avantage et ses produits made in Breizh en provenance d’asie « mineure », je me dirigeais vers l’accueil à la recherche de cette fameuse Myriam. L’hôtesse m’indique que Myriam se trouve sur la parking. Bon, faut pas discuter non plus avec « l’hôtesse » « d’accueil », prise entre trois téléphones et quatre personnes en train d’attendre. Bizarre comme lieu de rendez-vous. J’avance sur le parking et je trouve pas Myriam. Elle m’attendait là pourtant, à deux pas, contre un mur. Je levais les yeux et à ma grande surprise, je vis son nom écrit en grand à droite d’un énorme placard métallique à tiroirs. Au centre de ce machin, je vis sa tête. Un visage carré, tout en surface tactile. Je regardais à nouveau mon portable et compris. Myriam était une amazone footlockeuse embauchée par Jeff pour me remettre mon colis. J’effleurais mon code « d’échange » sur son clavier plein de covid 27 et elle m’ouvrit l’un de ses cœurs en haut à droite, le B22. Elle me donna le colis. Pas un sourire, pas un merci (comme dans les stations essence), pas un au revoir, même pas un salut.

Franchement, je fut très déçu de ma rencontre avec cette Myriam et surtout très vénère après ce Jeff qui OSE donner un prénom de femme à une MACHINE. Quelle honte Jeff, Amazon boy! C’est quoi la raison d’être de votre entreprise. Faire travailler intensément des gens dans des hangars, remplacer des personnes par des machines à prénom humain? Ou est le service? Bon là, c’était pour dépanner, parce que le commerçant du coin n’avait pas en stock l’accessoire dont j’avais besoin « rapidement », mais désormais c’est fini entre nous Jeff :(. Définitivement, même pour dépanner! Je prend la décision de ne plus aller sur votre schit. Je préfère, et de loin, acheter un livre chez ma libraire qui me parlera avec amour et avec un vrai visage souriant de son dernier coup de cœur ou bien acheter un accessoire pour mon trucphone chez l’accessoiriste que je connais pour ses compétences et son dévouement. Adieu Jeff ! Vive l’humanité !

Bonne journée les aminautes! Alan

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