Sebastião Salgado / Photographe / Genesis

Le célèbre photographe brésilien Sebastião Salgado a lancé dimanche une pétition en ligne signée par des stars réclamant des «mesures urgentes» des pouvoirs publics pour protéger les indigènes du coronavirus. «Les peuples indigènes du Brésil risquent d’être décimés par le Covid-19 si des mesures urgentes ne sont pas prises pour les protéger», peut-on lire dans la pétition, déjà signée par près de 150.000 personnes lundi matin.

Parmi les signataires, de nombreuses vedettes du cinéma, comme les acteurs Sylvester Stallone, Meryl Streep, Richard Gere ou Juliette Binoche, mais aussi des réalisateurs comme Pedro Almodovar ou Guillermo Del Toro. Le Prince Albert de Monaco, Nicolas Hulot et Sting ont également signé la pétition, ainsi que les top models Naomi Campbell et Gisele Bundchen ou les chanteurs brésiliens Gilberto Gil et Caetano Veloso.

«Cela fait cinq siècles que ces ethnies sont décimées par les maladies amenées par les colonisateurs européens (…) Aujourd’hui, avec ce nouveau fléau, ces communautés natives risquent d’être totalement éradiquées, sans défense contre le coronavirus, dénonce la pétition. Leur situation est doublement critique, parce que les territoires reconnus comme d’usage exclusif des populations autochtones sont envahis illégalement par des orpailleurs, des trafiquants de bois ou des fermiers qui s’approprient leurs terres», précise le texte.

Ce qu’on voit ici, c’est la partie de la planète qu’on a l’obligation de préserver », dit-il en forme d’avertissement, estimant qu’ »on est arrivé à une  limite où on peut maintenir un équilibre ».

Biographie et génèse de « Génesis »

Sebastião Salgado a grandi au fin fond du Minas Gerais, où son père avait une ferme. Cette terre était pour l’enfant qu’il fut comme un paradis, couvert de forêt. Quand il en a hérité, dans les années 1990, la déforestation l’avait desséchée. Il a décidé avec sa femme, Lelia, associée à tous ses projets et commissaire de l’exposition, d’y réintroduire la forêt primaire, dite forêt Atlantique, qui la couvrait autrefois et a été détruite à 90%. Ils ont planté plus de deux millions d’arbres et créé une pépinière de plantes endémiques pour encourager la reforestation.L’eau et la faune y sont revenues et, en même temps, ce projet a donné envie à Sebastião Salgado de partir à la recherche de la nature originelle. « Genesis » fait référence à ce qu’il y avait « au début de tout ». « On au eu la belle surprise que la moitié était encore là », dit-il. Bien sûr, ce sont des terres trop sèches, trop froides ou trop isolées pour être très peuplées.

La formation initiale de Sebastião Salgado est celle d’un économiste : après des études à l’Université de  Sao Paulo(1967) puis à la Vanderbilt University aux États-Unis (1968) il réalise une thèse ès Sciences Economiques à l’ Université de Paris 1971

Il travaille pour l’International Coffee Organization à Londres jusqu’en 1973, date à laquelle il change brutalement de carrière et commence à s’intéresser à la photographie, en autodidacte. Il intègre successivement les agences photographiques Sygma (1974-1975), Gamma (1975-1979) et Magnum (1979-1994).

Salgado choisit lui-même ses projets aux quatre coins du monde : il travaille toujours en noir et blanc et observe la vie de ceux qui vivent et qui travaillent du côté sombre de la société : migrants, mineurs, victimes de la famine… Un de ses reportages les plus renommés, intitulé La Mine d’or de Serra Pelada, porte sur le quotidien dans une mine d’or au Brésil, reportage dans lequel il parvient à décrire très humainement, sans jamais tomber dans le piège de la critique démagogique, les conditions de travail absolument primitives auxquelles les mineurs sont soumis.

Il est nommé représentant spécial de l’ UNICEF en 2001.

Dans l’introduction d’Exodes, il écrit :

« Plus que jamais, je sens que la race humaine est une. Au-delà des différences de couleur, de langue, de culture et de possibilités, les sentiments et les réactions de chacun sont identiques. Les gens fuient les guerres pour échapper à la mort ; ils émigrent pour améliorer leur sort ; ils se forgent de nouvelles existences dans des pays étrangers : ils s’adaptent aux pires situations… ».

Cependant, depuis le début des années 2000 des journalistes  critiquent les photographies de Salgado. Le photographe est accusé d’utiliser de manière cynique et commerciale la misère humaine, de rendre belles les situations dramatiques qu’il saisit au risque de leur faire perdre leur authenticité. Sontag s’interroge sur « l’inauthenticité du beau » dans l’œuvre de Salgado.

Après avoir longtemps été dans l’agence Magnum  photographie », Salgado décide en 1994 de fonder sa propre agence photographique « Amazonas images » en compagnie de sa femme Lélia Wanick Salgado.

8 commentaires

  1. Merci Alan de nous présenter cette belle personne.
    Je ne le connaissais pas, ses photos sont sublimes, j’espère que sa pétition aidera à la sauvegarde des peuples autochtones de cette région du monde.
    Je te souhaite une belle journée

    1. Oui Ben, Sebastião et sa femme œuvrent aujourd’hui pour une cause importante plus que jamais. Si tu as le temps va voir d’autres photos de lui notamment celles des mineurs qui lui ont valu une immense réputation. Merci à toi et belle journée. Alan

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