Agri-Culture / Pesticides /Soutien à Daniel Cueff

Nous étions 500 personnes venues soutenir Daniel Cueff, maire de Langoët en Bretagne, devant le tribunal administratif de Rennes. Daniel Cueff a pris un arrèté pour interdire l’utilisation des pesticides à 150 mètres des habitations pour protéger les habitants contre la nocivité avérée de ces produits. Plusieurs associations environnementales étaient présentes ainsi que des élus. La Bretagne peut (encore une fois) gagner face à l’état qui ne prend pas ses responsabilités. Les bretons sont et seront toujours des résistants . Tipiak !

Merci à vous de diffuser cet article le plus possible autour de vous pour aider à gagner ce combat collectif contre ce poison et aussi pour aider les agriculteurs à se sortir de ce système et à s’engager vers une autre alternative.

Le maire de Langouët doit comparaître pour l’arrêté anti-pesticides sur sa commune. Soucieux de la santé de ses administrés, l’élu se retrouve devant la justice.

Source : Le progrès / france-Monde / 22-08-19

Comment en-est-on arrivé là ?

Le 18 mai 2019, le conseil municipal adopte un arrêté qui stipule : « L’utilisation de produits phytopharmaceutiques est interdite sur le territoire de la commune à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnelle ». Cette distance est réduite à 100 mètres si une haie continue borde le long de la parcelle traitée, précise le texte. 

Pourquoi le maire veut-il interdire les pesticides ?

– Le maire Daniel Cueff se prévaut de nombreux textes de lois (Constitution de 1958, Code de santé publique, règlement européen…) pour considérer qu’il a « le devoir et la responsabilité de prendre, au titre de son pouvoir de police, toutes mesures de nature à prévenir et faire cesser toutes pollutions sur le territoire de sa commune, et particulièrement celles de nature à mettre en danger la santé humaine ».

– Il met en avant l’importance du nombre d’habitations situées à proximité immédiate de terres agricoles cultivées.

– Il dit pallier la carence de l’État en la matière. 

Pourquoi se retrouve-t-il devant le tribunal ?

Fin mai, la préfecture d’Ille-et-Vilaine a demandé à l’élu breton d’abroger son arrêté qu’elle estime « illégal ». Interdire l’usage des pesticides ne relève pas de la compétence du maire, fait valoir la préfète, Michèle Kirry.  

La représentante de l’État rappelle que, pour ce motif, le tribunal de Lyon a annulé un arrêté similaire pris par l’édile de la commune.

« Vous ne pouvez pas ignorer que le caractère de perturbateurs endocriniens de nombreux produits phytopharmaceutiques est désormais confirmé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Je suis responsable de la santé des habitants de ma commune », lui a répondu Daniel Cueff dans un long courrier.

Répétant la carence de l’État et fort de nombreux soutiens, le maire de Langouët a refusé de retirer son arrêté municipal. La préfecture du département a donc enclenché une procédure devant la justice.

Que risque l’élu ?

 Les juges devront décider si un maire peut ou pas interdire partiellement l’usage des pesticides sur le territoire de sa commune.

En attendant de se prononcer sur le fond, le tribunal administratif pourrait suspendre l’arrêté municipal.

« On assiste à de beaux discours sur les maires et là très concrètement, je suis empêché de prendre mes responsabilités. C’est un enjeu de démocratie. L’État devra rendre des comptes », déplore Daniel Cueff.

Ce jeudi matin à 9 heures, le maire de Langouët a décidé de comparaître seul à la barre du tribunal. Mais pas sans arguments.

Les éco-hameaux en bois de Langouët. Photo Bruded.

Les éco-hameaux en bois de Langouët. Photo Bruded.

Coup de tête ou coup médiatique ?

L’arrêté anti-pesticides n’est pas la dernière lubie de Michel Langouët. Cela fait 20 ans que cet élu écolo, non encarté, s’est engagé dans la transition écologique de sa commune.

A 20 km au nord de Rennes (Ille-et-Vilaine), le bourg breton de 600 habitants a une longueur d’avance en matière de développement durable et social. Il fourmille de projets pour réduire son empreinte carbone.

Le désherbage chimique a été banni dès 1999, la cantine de l’école est passée au 100 % bio local depuis 2004, deux éco-hameaux abritent des logements sociaux, un troisième programme « biosourcé » s’apprête à sortir de terre…
Et le terrain de foot est en cours de reconversion pour devenir un champ de permaculture : un écoystème de 8 000 m² cultivé en harmonie avec la nature pour nourrir une partie de la population.

« Il a raison et il représente notre avenir. Il faut le défendre », estime Fabrice Nicolino, président du Mouvement associatif « Nous voulons des coquelicots » qui milite aussi pour l’interdiction des pesticides.

Un virage vert qui ne fait pas que des heureux

Dans son combat écologique, Michel Cueff peut se revendiquer du soutien d’une vingtaine d’associations, de deux pétitions (plusieurs milliers de signatures) et de l’eurodéputé Yannick Jadot entre autres.

Nous sommes contaminés, les abeilles disparaissent, les algues vertes pullulent mais l’Etat et sa préfète préfèrent s’acharner sur un maire responsable et autoriser les pires élevages industriels. Lamentable !https://t.co/LduFWxDKsd— Yannick Jadot (@yjadot) 9 août 2019

 Mais du côté des agriculteurs, ceux qui n’ont pas pris le virage du bio ne cachent pas leur colère.

« C’est comme si on vous enlevait votre ordinateur et qu’on vous disait d’aller téléphoner à la cabine à 15 kilomètres », ironise Dominique Hamon, éleveur bovin depuis 1981 à Langouët.

« J’ai 35 ha de maïs pour nourrir mes bêtes. On est obligé de traiter pour éviter les mauvaises herbes. Je sais que ça pollue mais en 40 ans, on a drôlement changé nos façons de travailler et on n’est plus des apprentis sorciers. « 

« Le maire outrepasse ses droits », dénonce de son côté, Cédric Henry, président de la FDSEA, la section départementale du premier syndicat agricole.

La préfète d’Ille-et-Vilaine enfonce le clou. Elle estime qu’il n’existe « aucun péril imminent » à Langouët et rappelle que les produits chimiques utilisés disposent d’une autorisation de mise sur le marché. 

Les éleveurs qui ne sont pas passés au bio conestent la décision du maire. Photo Bruded

Les éleveurs qui ne sont pas passés au bio conestent la décision du maire. Photo Bruded

La fronde de Langouët contre les pesticides est-elle une première ?  

Non. Plus d’une dizaine de maires ont adopté depuis deux ans des arrêtés anti-pesticides dans l’Hexagone. Le 12 juillet, la municipalité de Revest-des-Brousses (Alpes-de-Haute-Provence) a voté une interdiction dans un périmètre de 500 mètres autour des habitations, des bâtiments professionnels, des puits de captage et cours d’eau.
La maire, Brigitte Reynaud, se dit prête à aller en justice s’il le faut. 

Depuis septembre 2018, le mouvement « Nous voulons des coquelicots » organise également des rassemblements pour l’interdiction des pesticides chaque vendredi devant des mairies. Sur Internet, son appel a déjà recueilli près de 800000 signatures.

Daniel Cueff met également en avant une décision du Conseil d’État. Le 26 juin, la plus haute juridiction administrative a partiellement annulé un arrêté réglementant l’utilisation des pesticides au motif qu’il ne protégeait pas suffisamment la santé des riverains.

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