Musique / Molly Johnson

Molly Johnson a longtemps été une chanteuse bohême, côtoyant les bars enfumés outre-Atlantique. Cette diva canadienne hors pair, qui n’a rien de marketé, a solidement assis, en trois albums créés depuis l’an 2000, un style vocal métisse, aux tessitures hybrides, oscillant entre la pop et le jazz.

Une carrière qui se construit depuis plus de 20 ans, une vie de bohême choisie, qui l’a conduite à se produire dans de nombreux clubs outre-Atlantique, et dans deux groupes à la carrière fulgurante : Alta Modo et The Infidels. Sort donc en 2000 un premier album éponyme qui la fait découvrir au public européen, puis un deuxième album, « Another Day » en 2003. En 2007 paraît « If You Know Love », qui achève d’instituer Molly Johnson au top des voix incontournables de ce début de XXIe siècle.

Biographie

Benjamine d’une famil le de trois enfants, Molly Johnson grandit avec sa soeur Taborah Johnson et son frère Clark Johnson dans un univers familial fait d’harmonie affective et d’ouverture culturelle, dans la banlieue de Toronto.

Vers le milieu des années 1960, à son cinquième printemps, la petite métisse et son frère se font recruter par un grand producteur de Toronto pour faire une apparition dans la comédie musicale « Porgy and Bess ». Plus tard, la jeune étoile montante, portée par la carrière de chorégraphe s’inscrit au National Ballet School et commence à composer ses premières chansons.

A quinze ans, elle dirige un groupe de disco nommé Chocolate Affair avant de former le groupe de rock Alta Moda avec le guitariste Norman Orenstein en 1979. Signant un contrat discographique avec Sony, le collectif publiera un album éponyme porté par le hit FM « Julian » en 1987.

Toutefois, comme Chocolate Affair, l’aventure Alta Moda ne dure qu’un temps. Au dé but de s années 1990, la chanteuse et son grand ami Norman Orenstein lancent un nouveau projet baptisé The Infidels. Plutôt tournée vers le hard rock et la fusion de la pop et du jazz, cette nouvelle formation signe avec IRS Records et sort un album éponyme en 1991.

Elle cartonne alors avec les pièces « Celebrate » et « 100 watt bulb » et remporte un Juno Award. Entre temps, Molly Johnson lance sa carrière de chanteuse de jazz et commence à se produire dans les différents clubs de sa région.

Elle apprend sur le vif et commence par l’interprétation de standards de blues et de jazz comme les morceaux de Ray Charles ou Duke Ellington ou encore George Gershwin .


De l’aventure « Kumbaya » au succès de « Diamond in my hand »

Vers 1992, IRS Records décide de laisser tomber The Infidels. Découragée de ne pas pouvoir réaliser un deuxième album, Molly Johnson se tourne vers la fondation d’un festival humanitaire avec une amie.

Baptisée « Kumbaya », cette entreprise associative vise la récolte de fonds au profit des organisations caritatives travaillant dans la lutte contre le Sida. La chanteuse devient alors l’ambassadrice de « Kumbaya » pendant quatre ans et contribue à la récolte d’environ un million de dollars par année pour la lutte contre le Sida.

Entre temps, elle multiplie ses rencontres et collaborations et travaille avec différents artistes prestigieux comme Tom CochraneK.D. Lang ou encore Alex Lifeson. Vers la fin des années 1990, la diva, mariée et mère de deux petits garçons, initie sa collaboration avec l’auteur-compositeur, arrangeur et producteur canadien Steve MacKinnon. Leur partenariat commence par l’écriture de quelques chansons et aboutit à la composition d’une douzaine de pièces dont « Long wave goodbye » que Molly Johnsonenregistre en compagnie d’une grande figure du jazz français, le légendaire Stephan Grappelli.


Ainsi naît le premier album éponyme de la chanteuse qu’on retrouve dans les bacs en 2000. Fort acclamé par les critiques et le public, l’opus jazz-pop inclut le brillant morceau « Diamond in my hand » qui fait un énorme carton et dont le public a réclamé une réédition.
Malheureusement, la maison de disques de la diva fait faillite peu après la sortie du disque, Molly Johnson poursuivra néanmoins sa carrière et concoctera un nouvel album.


De « Messin’ around » vers « Lucky »

Trois ans après l’opus « Molly Johnson », la vedette enregistre son deuxième album jazz-pop « Another day », fruit de sa collaboration avec l’illustre Craig Street, producteur de Norah Jones et d’autres voix féminines remarquables.
C’est à travers cet opus que Molly Johnson commence à se faire connaître sur le sol français. En 2007, elle enchaîne avec le recueil « Messin’ around » signé sur le label Universal Music. Enregistré en quatorze jours, l’album a été réalisé avec ses musiciens de toujours, Andrew CraigMark McLeanColleen AllenMike Downes et Rob Pilch.

Parmi les titres, on retrouve le morceau français « Tristes souvenirs », le style bossa de « Let’s waste some time » et le chaleureux « If you know love ». On retrouve également la reprise de la chanson de Prince « Tangerine », une fusion de funk, pop et jazz. Sans oublier le titre énergique « Rain » co-écrit par Steve MacKinnon et la diva, ou encore la reprise de « Streets of Philadelphia » de Bruce Springsteen .


La publication de « Messin’ around » est suivie d’une grande tournée française et canadienne. La fin de la promotion de l’opus coïncide avec un grand événement, Molly Johnson devenant Officier de l’Ordre du Canada .

Cette distinction honorifique lui a été décernée pour sa contribution au développement artistique et pour son travail philanthropique pour une variété de causes.

En 2008, la star offre son quatrième opus « Lucky » qui lui rapporte deux récompenses prestigieuses, le trophée Juno 2009 ainsi que le National Jazz Award.

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