Être chez « Soi »

Tout le monde a un Soi Idéal. Il scintille en nous, il nous fait ressentir des émotions. Si nous n’avions  pas déjà notre Soi Idéal en nous, nous ne pourrions pas ressentir de mal-être ou  avoir envie de progresser.

La plupart des gens, quelle qu’en soit l’issue, ont une véritable mission dans la vie: vivre le plus heureux possible.

De là découle le désir de s’améliorer, de bonifier nos sphères de vie, de cheminer vers une vision que l’on aspire, etc.

Notre objectif:  »illuminer au mieux notre Soi Idéal.  Jouer avec le scénario qui nous a été donné, nos ombres et notre lumière, pour l’amener à la plus heureuse des conclusions »

Le premier pas à franchir: PRENDRE CONSCIENCE de ce que peut être son Soi Idéal. Avoir une vision de ce dont nous aspirons.

De l’ego au grand soi

Selon Jung, le but d’une vie est de passer de l’ego, notre petite personne, au grand soi grâce au « processus d’individuation ». Il s’agit d’un cheminement intérieur par lequel nous allons tenter de devenir le plus conscient possible, afin de nous « autoengendrer » en tant qu’individu particulier, homme parmi les hommes, mais unique. Une seconde naissance, en quelque sorte. Pour Jung, l’enjeu est d’importance. Car « devenir conscient de son soi, c’est permettre à l’univers de devenir conscient de lui-même ». « En général, l’individuation devient possible après la crise de la cinquantaine, dans la deuxième moitié de la vie, la première étant accaparé par l’ego suractif. » Pour y parvenir, nous devons nous confronter avec notre ombre (cette part dont nous avons honte), avec notre persona (notre image sociale), avec notre anima et notre animus. Nous devons cesser de nous mentir et de rejeter ce qui nous dérange en nous. Nous ne réussirons jamais totalement, bien sûr, l’essentiel est d’essayer. Plus qu’un grand ménage, c’est un eff ort d’intégration et d’assimilation des différents aspects de notre personnalité que nous devons entreprendre. Mais, prévient Jung, nous ne sommes pas des anges : « Une vie sous le signe de l’harmonie totale », sans aspérités, serait « très ennuyeuse et déprimante ». Pire, « inhumaine ». Ce trajet initiatique peut passer par un travail sur soi, l’analyse des rêves, la méditation, la prière, la contemplation, l’écriture… Cette démarche est mystique, idéaliste, naïve même, mais la rationalité pure et dure rend-elle plus heureux ? Fournit-elle des réponses à nos questions existentielles : comment être plus heureux, surmonter la souff rance, aimer, être aimé, faire face à la maladie, le deuil, la mort ? En 1946, à un vieil ami qui lui demandait quelle attitude adopter pour achever son existence dignement, Jung répondit : « Vivre sa vie. »
Vivre, c’est tout.

Quand on parle du MOI et du SOI certaines personnes s’imaginent qu’il s’agit de religion ou de spiritualité; d’autres, qui ont lu Jung ou Freud, ou qui sont familiers avec les notions de MOI, de SURMOI et de ÇA (das ICH, das ÜBERICH und das ES) croient plutôt qu’il s’agit de psychologie. Il est vrai que que la spiritualité nous exhorte à se réaliser –et on ne peut le faire sans se connaître (“Deviens ce que tu es”)- tandis que la philosophie pose la question “Qui suis-je?” et que la psychologie parle de connaissance de soi.

Mais qu’est-au juste que le MOI et le SOI? En fait, ces deux mots s’inscrivent dans une démarche de connaissance de soi. Certains cependant sont convaincus qu’ils n’ont pas besoin de se connaître puisqu’ils se connaissent déjà –selon eux (“Je sais qui je suis: je suis le fils de mon père et le père de mon fils; j’ai telles qualités et tels défauts: c’est MON caractère, qui est différent de celui du voisin”).

Bien se connaître est important car alors on n’a pas de fausses attentes: on sait exactement ce qu’on peut ou ne peut pas faire. Au cours des années j’ai connu de nombreuses personnes qui croyaient se connaître mais qui pourtant pouvaient très peu; alors j’ai résolu de partager la “connaissance de soi”. Quand on se connaît réellement on peut cent fois plus que ce qu’on PENSE qu’on peut.

Alors, en quoi consiste le SOI? Dit de façon simple et directe, c’est ce que l’on appelle l’ÂME; mais l’âme, on ne sait pas vraiment ce que c’est (sauf rares exceptions). Et comme on s’imagine qu’on sait, on risque de prendre “des vessies pour des lanternes”, de s’imaginer des choses fausses et irréalistes; alors attends avant de dire “L’âme, j’y crois” ou “je n’y crois pas”.

En fait le Soi, c’est extrêmement simple (sauf pour ce pauvre mental qui décidément a le don de tout compliquer): c’est le VRAI MOI –qui est encore inconscient chez la plupart, et que le mental appelle “âme”. Dire que nous ne connaissons pas encore le véritable moi laisse supposer que ce que nous appelons MOI n’est pas le véritable MOI: ce serait en quelque sorte un “faux” MOI ou un MOI de substitution (ce n’est pas tout à fait exact, mais ça demande une explication).

Ce qu’on appelle “moi” (EGO en latin) n’est pas la chose indésirable que la religion aimerait bien nous faire croire: une sorte d’obstacle au rapprochement avec  Dieu (et Dieu, ils ne savent pas ce que c’est: “c’est un mystère”). Eh bien non: “Dieu” n’est un mystère que pour le mental (et la religion est limitée à une strate supérieure du mental, et PAS au monde spirituel, comme ils croient). Chacun de nous a un MOI/EGO différent de celui des autres: il y a donc 6 milliards de moi dans le monde (si l’on considère seulement l’espèce humaine).

L’ego (= lemoi) a déjà été très utile pour nous tirer de cette immensité originelle (= à l’origine de tout), infinie mais indifférenciée, qu’on appelle LE DIVIN. Mais maintenant notre personnalité EST formée (depuis longtemps), et l’ego est devenu une véritable prison qui nous empêche d’aller plus loin, d’évoluer (L’ego est comme un échafaudage qui a été très utile pour ériger un édifice –notre individualité- mais quand cet édifice est terminé, on n’a plus besoin d’échafaudage). Il faut donc le transformer –pas s’en débarrasser– de façon à ce que ne soit plus un obstacle, mais quelque chose qui nous propulse loin en avant.

La question du moi se pose donc en termes de croissance: comment transformer le moi (ego) en soi? En quelques mots, le moi est au soi ce que l’enfant est à l’adulte. Pour expliquer l’importance du moi, je prendrai l’exemple du verger. Dans un verger il y a des centaines de pommiers, et dans chaque pommier, des milliers de pommes. En avril, toutes les pommes sont petites et vertes, et si on y goûte, on remarque qu’elles sont sûres. Dans quelques mois elles seront grosses, rouges, sucrées et délicieuses: c’est que c’est la saison. Mais si en avril on avait jeté les petites pommes vertes sous prétexte qu’elles sont sûres, on n’aurait pas de pommes sucrées aujourd’hui. Qu’il y ait un moi (ego) aujourd’hui est donc une garantie qu’il y aura un SOI demain. La saison de l’Homme est à nos portes: il faut y aspirer de toutes nos forces car ça va nous accomplir.

Ici, définir le soi (= le VRAI moi) pourra nous aider à comprendre l’importance de la tâche (et mesurer son ampleur). La distinction entre le moi et le soi est très simple à expliquer avec l’exemple de l’acteur. Un acteur, par définition, c’est quelqu’un qui joue des rôles (des personnages). Un personnage peut durer quelques semaines, mais un acteur peut espérer vivre 80-100 ans: comparé à l’acteur, le personnage est donc très éphémère. Le personnage peut être alcoolique, infirme, exercer tel ou tel métier; vivre quoi, puis mourir; mais il n’est pas indépendant de l’acteur, puisque c’est ce dernier qui lui prête vie pour un temps (qui l’INCARNE comme on dit). Le MOI (celui que nous sommes) est le personnage; mais nous sommes l’acteur aussi (le SOI), seulement nous n’en sommes pas conscient.

On doit voir la question du moi et du soi comme un processus normal de croissance, le MOI étant naturellement égocentriste (pas égoïste: EGOcentriste). Par exemple, pour un nouveau-né il est normal que  tout l’univers (= sa maman et son papa) agisse en fonction de lui –le nourrissant quand il a faim, changeant sa couche  quand il est mouillé, etc. Plus tard en grandissant, il est graduellement confronté à d’autres MOI comme lui avec lesquels il apprend à composer (d’abord ses frères et soeurs, puis la parenté, et enfin ses camarades de classe). Il apprend ainsi graduellement que l’univers ne tourne pas autour de lui. Il y a l’univers, et il en fait partie comme tout le monde (on dit alors qu’il a trouvé sa place).

Pour l’Homme, c’est la même chose. L’Australopithèque (l’Homme tout juste sorti du singe) est occupé à établir sa place dans le groupe (pris comme unité). L’Homme de Cro-Magnon ou de Neanderthal (spécimen d’une humanité dans l’enfance) apprend à composer avec d’autres MOI comme lui. Aujourd’hui l’Homme est à un âge ingrat (mais plein de promesse pour l’avenir) où il n’est plus le représentant d’une humanité dans l’enfance et pas encore celui d’une humanité adulte. L’hyper-individualisme dont il fait preuve aujourd’hui est une sorte de “crise d’adolescence”: plutôt chaotique pour le moment, mais prometteuse pour BIENTÔT.

Ici il convient de parler du SOI (qui est TRÈS différent du MOI, même si c’est ce dernier qui, en se transformant, lui donnera naissance). Le SOI, c’est le VRAI MOI d’une humanité adulte (nous sommes inconscient de lui parce que nous ne faisons pas encore partie d’une humanité adulte). Et, tout comme un adulte a des privilèges qu’un adolescent n’a pas, le SOI est de loin plus intéressant que le MOI (il a tout naturellement des facultés/capacités que ce dernier qualifieraient d’EXTRAORDINAIRES ou SURNATURELLES –n’oublions pas que le surnaturel d’aujourd’hui sera parfaitement naturel demain). Nous avons donc avantage à aspirer de toutes nos forces à ce moment glorieux –et proche- où l’humanité dans son ensemble deviendra adulte (notre aspiration a le pouvoir d’accélérer ou de retarder quelque peu ce moment). Mais RIEN ne peut empêcher un adolescent de devenir adulte un jour.

Au point de vue des capacités, la principale différence entre le MOI et le SOI tient à la distinction individualisme/collectivisme: on est encore un individu (on ne retourne pas à l’indifférenciation originelle) mais ce n’est pas une individualité qui exclut les autres individus (je ne sais pas comment l’expliquer: c’est comme essayer de dire à des gens de la 3e dimension comment sont les choses de la 4e).

Par exemple, un individu aujourd’hui ne sait pas ce qu’un autre pense (à moins que ce dernier le lui dise); mais le SOI n’est pas comme cela: comme il EST chacun des autres, il peut savoir automatiquement ce que chacun pense (pour comprendre comment cela peut être possible, il faut cesser de penser comme quelqu’un séparé des autres (d’ailleurs il n’y a pas “d’autres”, il n’y a que JE –et JE c’est aussi bien moi que lui ou celui-là au Japon); ce n’est pas Pierre qui sait ce que Paul pense: dans le SOI il n’y a que JE –mais impossible de savoir si c’est le JE de Pierre ou de Paul). Le paragraphe qui précède n’est qu’UN exemple parmi tant d’autres qui montre que CE QUI NOUS ATTEND SERA PLUS BEAU QUE NOS PLUS BEAUX CONTES DE FÉE.

« Deviens ce que tu es, fais ce que toi seul peut faire ». Frédéric NIETZSCHE

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s