Gregory Porter / L’âme incarnée

Pigrai est fan de cet homme qui est la soul, l’âme incarnée dans la musique. Formé au gospel depuis ses plus jeunes années, il n’a été révélé au public qu’après ses 40 ans, le temps nécessaire pour nous dévoiler toute sa sensibilité et son talent. Écouter Porter, c’est prendre une grande claque. Il incarne l’émotion, la délicatesse, la classe. Pour l’avoir eu le privilège de le voir à « Jazz en baie » dans les jardins de Christian Dior, il est certain qu’il ne triche pas et qu’il vit sa musique et ce qu’il évoque. Ses musiciens sont d’un très haut niveau et font des solos magnifiques. Bien que très classique dans son interprétation du Jazz, il a cette dimension humaine qui fait que sa voix nous transporte vers les sommets du coeur.

Mister Pigraï.

Biographie

Né à Los Angeles, Grégory Porter est un auteur-compositeur, chanteur et acteur américain.

Fan de soul et de jazz depuis tout petit, Gregory Porter se produit très vite dans les clubs de Jazz pour s’exercer. Remarqué par le trompettiste Wynton Marsalis, il est vite mis à contribution pour un premier album.

En novembre 2010, il sort un opus intitulé « Water10 ». Cet album produit par son fidèle conseiller et ami Kamau Kenyatta est nommé l’année suivante aux Grammy Awards dans la catégorie Meilleur album de jazz vocal.

Cette nouvelle notoriété permet à l’artiste de faire ses premiers pas dans les festivals, mais aussi les émissions de télévision et les radios anglophones.

Alors que Gregory Porter se produit sur les scènes d’Europe et de Russie, l’extrait « 1960 What? » est largement remarqué puis remixé par quelques personnalités de l’univers electro.

De retour aux États-Unis, Gregory Porter décide de mettre à jour un tout nouveau projet : « Be Good ». Deuxième opus de l’artiste, « Be Good » sorti en 2012, permet à Gregory Porter de retrouver l’authenticité des compositions des artistes qui l’inspire à l’image de Bill Withers ou de Nat King Cole.Salué par la critique Gregory Porter s’impose comme une révélation masculine de musique jazz aux États-Unis et en Europe.

Gregory Porter performs It’s Probably Me at the Polar Music Prize Ceremony 2017

Une voix

Gregory Porter joue aussi bien des mots que de sa voix singulière : l’homme à la cagoule ancien joueur de Football américain, admirateur de Nat King Cole , navigue entre jazz et soul. Ce baryton rageur au timbre exceptionnel est un enchantement.

Après le beau succès de Liquid Spirit (il est assez rare qu’un disque de jazz se vende à plus d’un million d’exemplaire de nos jours) Gregory Porter rassure ceux qui s’inquiétaient de le voir sortir des répertoires jazz et soul, lui qui dernièrement a collaboré avec les anglais de Disclosure (pour une version de ce même titre Holding On beaucoup plus électronique) mais aussi chanté avec la soprane Renée Fleming.

Gregory Porter « en PF » comme dirait VALD (en Pleine Forme) dans « Don’t Loose Your Steam » Ne perds pas ta vapeur

Don’t Loose Your Steam recommande Gregory Porter à son fils. Le chanteur californien fidèle à son style d’écriture signe toujours des chansons d’amour et des protest songs, à l’image de « 1960 What? » dans son premier album (Water paru en 2010) qui évoquait à la fois la génération de sa mère et l’enseignement de Martin Luther King pour la sienne. Le baryton se fait lui aussi volontiers apôtre de la non-violence, « c’est dans les bureaux qu’il faut se battre, et pas dans la rue » confie-t-il au magazine Jazz News, médite sur le sort de ceux qui périssent en mer après avoir tout quitté, évoque l’importance de l’éducation et la foi, lui le septième enfant d’une fratrie de huit, élevé par sa mère pasteur pentecôtiste.

La voix puissante et douce de Gregory Porter qui confie avoir compris d’où venait le don de sa voix le jour où un journaliste lui a posé la question. « J’ai réfléchi et réalisé que cette voix, qui aujourd’hui représente toute ma vie, me vient de la personne qui ne m’a jamais rien donné : mon père, qui nous a abandonné ma mère et moi ».

Il a presque 40 ans quand sort son premier album, Water, en 2010, sur un petit label de Harlem. « Il faut de la maturité pour bien chanter le jazz et la vie », assure-t-il. Gregory Porter a déjà son look, costume chic et baskets hype, casquette et cagoule cachant des cicatrices dues à un accident domestique.

Depuis, signé sur le label Blue Note, un Grammy en poche, des centaines de milliers d’albums vendus, Gregory Porter grandit à chaque album, toujours produits par son mentor Kamau Kenyatta. Sur l’acclamé Liquid Spirit (2013), Porter abordait des sujets plus personnels. Ce nouveau Take Me To The Alley est plein d’hommages àsa famille : sa mère Ruth qui l’a élevé seule quand son pasteur de père a quitté le foyer ; son fils à qui il donne l’amour paternel qui lui a manqué. « C’est aussi pour lui que je suis retourné vivre en Californie, près des racines familiales. »

Gregory Porter – Liquid Spirit (Live In Berlin)

Take Me To The Alley, Blue Note/Universal,

Dans ce disque où sa voix explore tout son registre enveloppant, il aborde des sujets plus chauds, mais avec la pudeur de l’homme mûr ou la prudence de l’entertainer. Pour l’occasion, il délaisse les rythmes de crooner consensuel dont il abuse parfois. Le bouillant hard bop Fan The Flames (« Éteignez les flammes ») essaie de « parler des violences raciales aux États-Unis sans les attiser ».Et l’afro-jazz French African Queen, entre sensualité et fierté noire, « a été inspiré par une beauté africaine rencontrée à Paris ».

Il n’en fera pas trop dans le registre communautaire. Sa femme est blonde et pâle, et il aime se frotter à d’autres univers musicaux. Holding On a d’abord été un tube electro house composé avec les jeunes frangins britanniques de Disclosure. « L’histoire du jazz est faite de ces rencontres avec la pop du moment », constate-t-il avec un sourire malicieux.

Il en donne ici sa propre version, plus lente, en quartet acoustique. Et cette histoire d’amour qui ne veut pas s’éteindre trouve une autre profondeur.

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